mercredi 27 décembre 2006

Grilled Cells

C'est rendu que les jeunes se procurent toutes sortes de cochonneries. Le dépanneur du coin fait partie de leur trafic de stupéfiants. La cour d'école est un réseau. Le gars avec son poncho et son capuchon il n'a pas froid, il traffique. Le gars aux yeux rouges n'est pas albinos, il consomme. On ajoute n'importe quoi à n'importe quoi. Des p'tits brownies au pot, on voit ça partout, notamment dans les films. Pas que je m'y connaisse. Ceux qui s'y connaissent, soyez indulgents. J'en ai rien à faire des drogues. Je n'y comprend rien aux drogues. Mais j'ai tenté.

Pas de la caféine, pas des Tylenols. De la drogue forte. En partant du léger, faible et apéritif cannabis à aller à toutes ces choses magiques de la vie telles la peinture, l'acide, les gaz dans toute leur beauté... On crie sur tous les toits que la drogue c'est l'enfer. Les enfants trébuchent sur des seringues, au parc. Il y a de plus en plus de films de revenants. Pas pour rien, les figurants idéals courent les rues.

Tout le monde aimerait dissuader un proche à consommer. Mais pourquoi quand on en entend parler on ne se garoche pas sur la personne. Ce n'est pas une question. Il nous zigouillerait voyons. Regarde-le, il a le regard injecté de sang, il est faible, il crache ses poumons, il souffre, il ne vit plus, il ne fait que consommer, gaspiller son p'tit change à aspirer des conneries par ses narines. On est pas pour lui dire d'arrêter, check... Il est rendu bien trop loin. C'est sa faute. Ou bien celle de ses parents. Faut-tu avoir des ignorants comme parents pour le laisser consommer de même. Et à ce moment précis, c'est toujours l'instant rêvé pour tourner les talons et se dire que la vie est belle, que nous, on ne consomme pas.

Il y a un début à tout, je le sais. Ça a commencé par un « Aweillon donc, common. » Ça finit par un « T'aurais jamais dû aller si loin. » On a tenté de le faire fumer, on était là : « Tu chokes hen ! Tu chokes ! » ...

Le gars qui a l'héroïne plus abondante dans les veines que son sang, c'est sa faute. Sale mec. Franchement, aucune raison de l'aider. Regarde, c'est déjà trop grave. Il recevra son chèque de Bien-être Social la semaine prochaine. Il va être super heureux de pouvoir se faire encore quelques petites lignes.

Une puff, une ligne, une shot, une injection... Ça détruit une vie. Ça l'effrite, ça la gratte jusqu'au sang. Jusqu'à temps que les gens voient trouble le restant de leur jour, ne se doutant pas de toutes les beautés qu'ils manquent. Qu'ils ont de l'écume au bord des lèvres. Du vomi, peut-être bien, aussi. Un regard cadavérique, un corps en lambeaux. Une vie en lambeaux. Des petites pièces de puzzle qui s'égarent. Les cellules qui meurent affreusement vite, dans le cerveau, au grand plaisir du consommateur. C'est l'fun mourir hen ? Tu deviens légume, mais t'aime ça.

T'étais un chic type, vieux. T'étais un gars bien ordinaire. Un gars comme tous les autres. Aujourd'hui, les gens te crachent dessus. J'ose espérer que je ne dis pas ça au sens propre. Regarde-toi, mec, t'as pas de quoi t'habiller, mais t'as de quoi avoir d'la poudre autour du nez. Bravo. T'as perdu tes amis. Ta famille te renie. Quoi ? Ah ouais, c'est ça. Ouais, c'est ton vieux copain qui t'as incité à le faire. Et lui ? Ah oui, c'est vrai, c'est son père qui l'a incité, lui.

La drogue tue. La drogue t'assassine. La drogue, elle t'enlève ton âme. La drogue, elle t'enlève tes copains. La drogue, elle fait que t'es plus un gars cool, toujours bien rasé et fraîchement propre le matin. La drogue, c'est elle qui t'abat. C'est elle qui te garoche du haut de l'immeuble, c'est toi qui plane. C'est ton cerveau, en crevant, qui t'en demande davantage. Maintenant que t'as la corde au cou, tu souhaites juste que quelqu'un kicke ta chaise.

Ça a commencé bêtement, et te voilà déjà mort. Dieu, si seulement on avait fait ça, pour l'aider. Ou ça. M'enfin, pourquoi je vous raconte ça. On l'entend maintes et maintes fois, ça. Ça devient ridicule. On le sait bien qu'on va jamais tomber dans l'enfer de la drogue. C'est pas parce qu'on prend un p'tit coup qu'on devient alcoolique. Attend, laisse-moi mettre un autre tit vingt dans la machine, pis après j'pars. Meunon, j'deviendrai jamais gambler. Pas parce qu'on se prend une puff qu'on devient assurément drogué. Pas parce qu'on se sniffe une ligne qu'on l'est aussi. Franchement, tu me prends pour qui.

Ouais, j'te prend pour qui. Imagine l'enfant qui se pique avec tes aiguilles et qui contracte ton SIDA. Bravo Superman, t'es le plus hot de ta gang.

Renifle ta peine. De toute façon, j'irai voir ta stone au cimetière.

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